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A PROPOS D’ESPOIR D’ASILE DOSSIERS THÉMATIQUES Le parcours géographique du demandeur d'asile
ABC DU DROIT D'ASILE ASILE EN LIENS APPEL À TÉMOINS
ASILE EN LIVRES
Données générales :
 
Superficie : 652 092 km²
 
Capitale : Kaboul
 
Population : entre 30 et 33 millions selon les différentes estimations (auxquels s’ajoutent trois millions de réfugiés afghans encore présents en Iran et au Pakistan).
 
Espérance de vie : 49 ans
 
Taux d’alphabétisation : 28,1 %
 
Religion officielle : 84% de musulmans sunnites (rite hanéfite), 15% de musulmans chiites (duodécimains et ismaéliens), autres (sikhs, hindous…).
 
Origines ethniques : Les Pashtouns (38 %), les Tadjiks (25 %), les Hazaras (19 %) et les Ouzbeks (6 %). On compte également quelques ethnies moins importantes: les Aimaks (3,7 %), les Farsiwans (2,8 %), les Turkmènes (1,4 %), les Brahuis (1 %), les Baloutches (0,5 %) et les Nuristanis (0,5 %).
 
Langue officielle : le Dari (Perse afghan) et le Pashtoun. Autres langues d’usage courant : Ouzbek, Turkmène
 
Economie : Agriculture (30%), industrie (22%), service (48%)
 
PIB : 17 milliards $ (2010)
 
PIB par habitant :501 $ (2010)
 
Dirigeant : Ashraf Ghani (Président)
 
 
Pourquoi demandent-ils asile ?
 
Le retrait effectif ou programmé des différentes troupes de l’Isaf (la Force internationale d’assistance et de sécurité) suit son cours, mais c'est avec un sentiment d'échec qui prévaut face à une montée en puissance de l’insurrection talibane qui  ne s’est jamais mieux porté et qui, selon les experts, contrôlerait toujours les trois cinquièmes du territoire afghan. Les talibans imposent la charia dans les régions qu’ils contrôlent et commettent les pires exactions à l’égard des femmes qui, engoncées dans de lourds tchadors, sans visage, sans forme, déshumanisées, sont interdites de sortie, de soins, de travail, de scolarisation et sont totalement soumises à l’autorité des hommes et de la milice chargée de les surveiller. Selon le rapport 2012 d’Amnesty international, les autorités judiciaires, la police et l’Armée nationale afghane (ANA) se rendent également coupables de violations graves des droits humains. Avec des arrestations et des détentions arbitraires, les services du renseignement ont continué de recourir systématiquement à la torture, entre autres formes de mauvais traitements.

Cependant, si la puissance des talibans afghans s'est réduite et leur capacité à faire dérailler la reconstruction du pays ne doit pas être sous-estimée. Pour obtenir plus d'espace politique après le retrait des États-Unis, des pourparlers de paix avec les talibans modérés sont le choix le plus réaliste -les talibans durs sont eux plus enclins à attendre leur heure, jusqu'au « vide de sécurité » après le retrait américain. Il ne sera pas facile de parvenir à une paix et une stabilité durables en Afghanistan, dans la mesure où les pourparlers de paix entre le gouvernement afghan et les talibans n'ont même pas encore commencé.

En 2013, le conflit afghan et ses conséquences en termes de craintes de persécutions ou de menaces graves au titre de la protection subsidiaire sont restés d'actualité. Au-delà de la seule situation sécuritaire, sont fréquemment invoqués des affiliations ou recrutements forcée à des factions armées opposées au gouvernement, des liens avec des ONG et des forces militaires étrangères ou bien une appartenance confessionnelle.

En 2014, en dépit de l'alternance politique, la dégradation de la situation sécuritaire est toujours très fortement présente dans les demandes d'asile avec ses conséquences en termes de craintes de persécutions ou de menaces graves. Ont également été évoqués en 2014 comme en 2015 des affiliations ou recrutements forcés des factions armées opposées au gouvernement, des liens avec des ONG et des forces militaires étrangères ou bien une appartenance confessionnelle.
 
Situation de l'asile en 2015

En 2015, l'Afghanistan représente la plus forte progression de la demande d'asile en France (+ 305,6 %). Le taux d'admission a été pour la même année de près de 25 %.

Le conflit afghan et ses conséquences en termes de craintes de persécutions ou de menaces graves  restent plus que jamais d'actualité, l'année 2015 ayant été celle au cours desquelles les combats ont été les plus violents depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir en 2011. Au délà de la seule situation sécuritaire sont également invoqués des affiliations ou recrutements à des forces insurgée, des liens avec les ONG et des forces étrangères ou bien une appartenance confessionnelle.
 
Jurisprudence

La majorité des décisions positives rendues par la CNDA ces dernières années à propos de ressortissants afghans ont octroyé la protection subsidiaire sur le fondement du paragraphe c) de l’article 712-1 du CESEDA (protection subsidiaire en raison d’une violence généralisée résultant d’un conflit interne (conflit avec les Talibans dans certains province). Elles affirment selon la même formule que « lorsque le degré de violence aveugle caractérisant le conflit armé atteint un niveau si élevé qu’il existe des motifs sérieux et avérés de croire qu’un civil renvoyé dans le pays ou la région concernés courrait, du seul fait de sa présence sur le territoire, un risque réel de subir une menace grave, l’existence d’une menace directe et individuelle contre la vie ou la personne du demandeur n’est pas subordonnée à la condition qu’il rapporte la preuve qu’il est visé spécifiquement en raison d’éléments propres à sa situation personnelle » (par exemple : CNDA 18 octobre 2011 M. H. n° 10003854 C+, Rec. 2011;  CNDA, 2 juillet 2012, M. C. n° 112008517 C., Rec. 2012, CNDA, 12 mars 2013, M.Y.K. n° 12025577 C, CNDA, 5 oct. 2015, n° 14033523 C+, Recueil 2014, CNDA,).

Témoignage
 
Il s’appel Emal, il a 27 ans. Il a appris l’anglais en Afghanistan, son pays. Il devient alors interprète dans cette langue et sert l’armée française dans les forces spéciales à Kandahar puis à Kaboul. Menacé de mort par les talibans il a été contraint de fuir son pays par ses propres moyens. Il tente d’abord d’obtenir un visa par l’ambassade de France mais en vain. Il achète alors un passeport avec un visa Schengen pour l’Italie et un billet d’avion pour Milan. « J’ai travaillé pour l’armée française, j’ai choisi paris ». Mais une fois à Paris, les autorités veulent qu’il dépose sa demande d’asile en Italie. Et le Ministère de la Défense affirme d’abord « n’avoir aucune trace » de lui. « J’avais tout gardé. Les contrats de travail, les fiches de paye, les certificats… Alors ils ont dit : Ah oui ! Là bas, j’avais porté le même uniforme, les soldats ont toujours eu beaucoup de respect pour nous, interprètes. Mais ici, l’armée n’a rien fait pour nous aider. C’est pour ça que je crois que cela risque d’être la même chose pour ceux qu’ils vont accueillir ».  Aujourd’hui, réfugié politique, il travaille pour France Terre d’asile.

Voir l'article "Afghanistan : Traduire c'est trahir"

Mise à jour 01/09/2016
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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