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Les ministres européens de l’intérieur se sont réunis hier à Luxembourg pour évoquer l’accueil des migrants après le drame de Lampedusa. Sur 28 Etats membres, 24 se sont opposés à une modification des règles en matière d’asile visant à aider les pays qui sont les principales portes d’accès des migrants en Europe. Preuve que l’Europe n’aura toujours pas renoncé à ses égoïsmes après Lampedusa.
 
Les dispositions du règlement Dublin II de 2003 prévoient que c’est le premier pays de l’UE traversé par le migrant qui doit examiner sa demande d’asile et le prendre en charge, notamment en pourvoyant à ses besoins tout au long de la procédure. Les pays qui constituent la frontière de l’Europe pour les migrants venus d’Afrique et du Proche Orient, à savoir principalement l’Italie, Chypre, Malte et la Grèce estiment, à juste titre, que cette règle est injuste puisque que ce sont eux qui sont les plus confrontés aux arrivées massives de migrants venus du Sud. Ils demandent donc depuis plusieurs années que la règle soit modifiée et que le fardeau de cette migration soit mieux réparti entre les Etats membres. Les pays du nord y opposent une fin de non recevoir. Au-delà de cette injustice, cette règle a conduit à de nombreuses fraudes de migrants qui effaçaient leurs empreintes pour ne pas être reconnus par le système Eurodac et renvoyés dans le premier pays traversé dont les conditions d'accueil sont déplorables, notamment en Grèce ou en Italie. Quant aux migrants économiques, ils sont impitoyablement refoulés. L'Italie a même fait de l'immigration clandestine un délit. Théoriquement, les rescapés du bateau naufragé au large de Lampedusa devraient donc être poursuivis, ainsi que les sauveteurs pour complicité.
 
Les appels à davantage de solidarité après la tragédie de Lampedusa ne sont que de façade. Le chacun pour soi subsiste. L’hypocrisie est patente. En effet, la majorité des pays de l’UE a refusé la révision du règlement Dublin II, certains estimant qu’ils étaient déjà très largement contributeurs, notamment l’Allemagne, la France, la Suède, le Royaume-Uni et la Belgique qui ont concentré 70% des demandeurs d’asile enregistrés en 2012 dans l’UE. « Je ne crois pas que ce soit le jour » a déclaré Cecilia Malmström, la commissaire européenne chargée des affaires intérieures tandis le ministre allemand de l’Intérieur, Hans-Peter Friedrich qui, se montrant le plus ardent opposant à la révision du règlement, insiste sur le fait que l’Allemagne est le pays qui traite déjà le plus grand nombre de demandes d’asile en Europe.
 
« Lampedusa est un cauchemar », a affirmé Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la justice, en se demandant si cela « sera un appel au réveil pour les Européens et s’il permettra ou pas de changer les lois sur l’asile ». Ses doutes sont révélateurs des difficultés rencontrées pour amener les pays du nord de l'Europe à montrer plus de solidarité envers ceux du sud, les Etats étant souverains en matière de politiques migratoires.
 
La réticence de l'Union européenne à modifier sa politique migratoire est liée à la complexité d'un dossier politiquement explosif dans un certain nombre de pays de l’UE, particulièrement à l’approche des élections européennes de printemps 2014…

Ces drames se répéteront sans nul doute sans une réelle volonté politique d'avancer vers une véritable politique migratoire commune, solidaire et concertée. Il ne s'agit pas d'ouvrir les frontières, mais d'ouvrir davantage de voies légales à l'immigration, faut de quoi c'est l'immigration irrégulière et les filières criminelles de passeurs qui prospéreront.
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