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C'est une des conséquences du Brexit. Le Royaume-Uni ne pourra plus renvoyer les demandeurs d'asile dans un autre pays d'Europe. Résultat : les opérations d'expulsions se multiplient outre-Manche ces derniers jours.

Trois vols, deux vers l'Allemagne et un vers la France, avec des transferts possibles vers l'Autriche, la Pologne, l'Espagne et la Lituanie, sont prévus cette semaine, a rapporté le Guardian. Parmi les exilés renvoyés, originaires du Soudan et de Syrie notamment, il y aurait des victimes de trafic d'êtres humains. 

Le gouvernement mène ces renvois en vertu du règlement européen dit de Dublin, qui permet aux États de reconduire les demandeurs d'asile dans le pays de l'Union européenne (UE) où ils ont officiellement posé le pied en premier. C'est cet Etat qui doit les recueillir et décider de leur accorder ou non le statut de réfugié. 

Et si le ministère de l'Intérieur semble particulièrement avoir recours à ce principe réglementaire, c'est que le texte ne s'applique que pour quelques temps. Il est encore en vigueur sur le temps de la transition post-Brexit mais il sera levé une fois la sortie du Royaume-Uni de l'Europe effective. C'est du moins ce qui devrait se passer sauf si un accord sur les renvois est conclu avec l'UE. 

Des entretiens écourtés ? 

La ministre de l'Intérieur britannique Priti Patel est donc accusée de précipiter ces opérations au détriment du respect des droits des migrants censé s'appliquer dans le pays, notamment pour les victimes de trafic d'êtres humains. Car, selon des avocats spécialisés dans la défense des droits des migrants, ces nombreux étrangers «dublinés» n'ont pas été convenablement interrogés afin de déceler des «vulnérabilités graves» - telles que des épisodes de torture ou de mauvais traitements dans leur parcours d'exil - qui leur donnent en principe la possibilité de ne pas être expulsés.

En particulier, lors du questionnaire habituel soumis aux migrants par les autorités, des questions clé auraient été tout bonnement sautées, les empêchant ainsi de pouvoir livrer le récit d'éventuels traumatismes ou violences subis. Le Guardian cite notamment l'exemple d'un Soudanais, victime de trafic d'êtres humains en Libye pendant quatre ans, qui n'a pas pu en faire part lors de son entretien, son temps de parole ayant été écourté. 

 

«Nous restons déterminés à réparer le système d'asile défectueux afin qu'il soit ferme et juste et ne nous excusons pas d'avoir expulsé ceux qui n'ont pas le droit de rester au Royaume-Uni», a déclaré un porte-parole du ministère de l'Intérieur. «Toutes les personnes devant être renvoyées ont ou auront subi un entretien de sélection, qui comprend des questions mises à jour sur la traite, avant le renvoi. Il est inexact de suggérer le contraire», s'est encore défendu le ministère.


Source : CNEWS

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