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Le drame était prévisible et donc évitable, selon les organisations humanitaires. Des centaines de migrants - on parle de plus de 300 personnes -, ont certainement trouvé la mort en Méditerranée depuis le début de la semaine. Comme souvent, leurs bateaux de fortune partis de Libye ont fait naufrage. Les garde-côtes italiens n’ont pu secourir qu’une poignée d’entre eux.


Ce sont les rescapés qui racontent : des jeunes hommes qui viennent du Mali, du Sénégal, de Gambie et de Côte d’Ivoire. Ils disent que depuis plusieurs semaines ils étaient regroupés dans un camp près de Tripoli. Puis on les a transférés sur la côte. Des hommes en armes les ont forcés à embarquer samedi 7 février sur des gros zodiacs, tassés les uns contre les autres. On leur a dit que la météo était bonne.


En fait, c’était la tempête. La marine a secouru un zodiac en avarie, un autre s’est dégonflé, un troisième a coulé, le quatrième est introuvable. Le bilan de la traversée mortelle, selon les estimations faites d’après leur récit, serait d'au moins 330 victimes dont des petits enfants. La mer était impraticable.


Les migrants ont payé 650 euros pour affronter des vagues de neuf mètres de haut, transportés par des organisations criminelles sur des petits rafiots avec des moteurs ridicules.


Trafic d’êtres humains


A Lampedusa
, le point le plus au sud de l’Europe, les habitants sont excédés par ces drames à répétition.


Parmi eux, la maire de la commune Giusi Nicolini : « C'est impossible qu'il y ait Triton, Frontex, et qu'il n'y ait aucun dispositif pour sauver les vies humaines, comme c’était le cas avec Mare Nostrum. Mais Mare Nostrum était un dispositif que l’Italie portait seule. Une opération extraordinaire mise en place après le naufrage du 3 octobre. Et cette opération extraordinaire, l’Europe doit la prendre en charge. Ici à Lampedusa, si cette année les chiffres atteignent ceux de l’an dernier, 160 000 personnes secourues en Italie, on ne pourra jamais faire face tout seuls. »


Après ce nouveau drame, c’est tout le pays qui s’indigne. Les Italiens ont le sentiment d’être impuissants devant ce qui est devenu un trafic organisé d’êtres humains. Les politiques, presque toutes tendances confondues, soutiennent l’appel de la maire de Lampedusa, à commencer par le chef du gouvernement Matteo Renzi qui exprimait sa colère hier.


Puis il y a aussi la tristesse. Une minute de silence a été observée pour les disparus, mercredi 11 février, dans plusieurs assemblées politiques ou religieuses en Italie. Le pape François a appelé tous les chrétiens à la prière. L’an dernier, 3 200 migrants sont morts en Méditerranée.

RFI

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