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A PROPOS D’ESPOIR D’ASILE DOSSIERS THÉMATIQUES Le parcours géographique du demandeur d'asile
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Il ne s’agira toutefois pas de « procédures accélérées », a souligné le patron de l’Ofpra
 

Le sujet est devenu éminemment politique depuis l’intervention du chef de l’État, lundi de la semaine dernière. L’accueil des Afghans, que la France évacue de Kaboul, doit se faire dans les règles de l’art, et le respect de la loi. Pas si évident au regard du parcours du combattant administratif qu’est la demande d’asile en France. Dans ce contexte, l’Ofpra, l’organe chargé d’attribuer le statut de réfugié souhaite mettre en place un dispositif plus rapide pour les évacués de Kaboul depuis la prise de pouvoir des talibans.

 

 

L’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) « s’organise pour traiter rapidement les demandes d’asile des personnes que la France a évacuées », a expliqué son directeur général Julien Boucher dans un entretien avec l’AFP.
 

La méthode ? Les dossiers des plus de 1 500 Afghans exfiltrés vers Paris par des vols spéciaux seront placés en haut de la liste, tandis que 8 000 demandes d’asile déjà déposées par des ressortissants d’Afghanistan sont toujours en attente dans l’Hexagone.

Les Afghans, premiers demandeurs d’asile en France

Il ne s’agira toutefois pas de « procédures accélérées », a souligné le dirigeant de l’Ofpra, qui dépend du ministère de l’Intérieur, ces procédures sont généralement réservées aux demandeurs originaires de pays dits « sûrs », dont l’administration estime que leurs dossiers ont davantage de chances d’être rejetés. Les personnes évacuées de Kaboul pourront entamer ces démarches à l’issue d’une quarantaine sanitaire obligatoire de 10 jours selon l’office.

Les Afghans sont, les premiers demandeurs d’asile en France, où ils obtiennent une protection dans 65 % des cas en première instance, à l’Ofpra en 2021. Pour être précis au premier semestre 2021, près de 4 200 demandes d’asiles ont été faites avec une augmentation des demandes en juin dernier. Depuis la crise migratoire de 2015, ils sont environ 10 000 en moyenne chaque année.

Revirement de politique

Pour mémoire depuis quelques mois le contexte n’était pas forcément favorable en ce qui concerne l’accueil des Afghans en France. En novembre 2020, la CNDA a rendu des décisions qui mettaient fin à la jurisprudence dite « Kaboul » en vigueur depuis mars 2018 qui considérait la capitale afghane comme une zone de violence d’intensité élevée par laquelle toute personne retournant en Afghanistan devait passer. Dans ses décisions, la CNDA considérait que la violence n’y était pas à un niveau tel qu’il faille octroyer systématiquement la protection subsidiaire.

Dès le 28 novembre 2020, deux chercheurs spécialistes de l’Afghanistan ont remis en cause l’appréciation de la Cour dans une tribune publiée dans le Monde. Au sein de la Cour, les avocats, les rapporteurs voire les formations de jugement ont exprimé leur désapprobation. Cela n’a pas empêché la Cour de publier une carte affichant le niveau de violence dans son rapport d’activité et de réévaluer la situation dans certaines provinces du pays.
Le Conseil d’État a confirmé le 9 juillet 2021 cette décision controversée en suivant les conclusions de la rapporteure publique, expliquait très bien la Cimade au début de l’été.

Source : Le Parisien
 
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