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Parfois certains Yézides demandent asile en France en raison de persécutions qu'ils disent subir dans des pays comme l'Arménie, la Géorgie ou encore la Russie. Mais qui sont les Yézides ?

Le yézidisme une religion monothéiste qui plonge ses racines dans l’Iran ancien. Les yézides parlent un dialecte kurde, le kurmandji qui est une langue indo-iranienne. La communauté des Yésides est rattachée au groupe ethnique kurde. A l’origine, la plupart d’entre eux ont cherché refuge dans les montagnes du fait des persécutions (conversions forcées à l’islam, pillages, etc.) dont ils étaient victimes dans le nord de l’Irak actuelle ou dans le nord-ouest de l’Iran, notamment aux 14 ème et 15 ème siècles. Les fidèles de cette religion croient en Malek Taous (« l’ange paon ») qui aurait été désigné par le Dieu Xwede pour s’occuper du monde. Ils prient le soleil et la lune, mais sont souvent considérés à tort comme des « adorateurs du diable ».

Ils sont aujourd’hui environ 800.000 à travers le monde, notamment en Irak et en Syrie. On compte près de 180.000 yézides en Arménie, en Géorgie, Azerbaïdjan et dans les régions du sud de la Russie, pays dont ils ne partagent ni coutumes, ni mœurs, ni destin historique.
 
En juillet 2004, La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) avait mandaté une mission d'enquête internationale sur la situation des droits et libertés des minorités ethniques en République de Géorgie. Cette mission s'inscrivait dans le contexte d'un flux important en Europe occidentale de demandeurs d'asile en provenance de Géorgie se plaignant de discriminations.
 
Il résultait déjà de ce rapport que l’attitude générale de la population géorgienne est envers les yézides, « marquée par la méfiance, voire un franc-mépris ». Leur « image est mauvaise et ils souffrent d’un mépris partagé, associé à une position au bas de l’échelle sociale ». Ils occupent des emplois subalternes (balayeurs, porteur, etc…) et le nombre de diplômes supérieurs est réduit ».  Ce rapport indique que « les autorités et les forces de police partagent cette faible considération et les stéréotypes en vigueur ».
 
Comme le notait déjà ce rapport les yézides sont souvent « la cible d’exactions commises par les forces de l’ordre en raison de l’absence de yézides dans la hiérarchie policière ». Il mettait également en avant « les tracasseries administratives qui les empêchent de faire valoir certaines droits ». Il relevait « le refus persistant des autorités étatiques et locales d’autoriser l’aménagement d’un lieu de culte yézide », notamment parce-que « l’Eglise orthodoxe géorgienne ne serait pas prête à tolérer l’existence d’un tel lieu de culte ».
 
Depuis ce rapport, la situation n’a guère évolué. Les yézides restent une minorité stigmatisée par la population, même si le degré de gravité des persécutions reste variable d’un pays à l’autre. Cette communauté est d’autant plus vulnérable qu’elle ne peut, comme la communauté Rom, se rattacher à aucune autre Nation qui pourrait les soutenir, contrairement aux arméniens ou aux azéris.

A l’heure actuelle, les régions du sud de la Russie abritent le plus grand nombre de Kurdes-Yézides présents sur le territoire soviétique ; ils ont pour la plupart immigré depuis les pays du Caucase du sud. Ces dernières décennies, dans les pays occidentaux, on constate parmi eux un grand nombre de demandeurs d’asile provenant souvent de l’Arménie, la France ne faisant pas exception. Cette migration des Yézides vers les pays de l’UE s’explique le plus souvent par des raisons économiques du fait de leur exclusion sociale, mais aussi par des persécutions de caractère ethnique.
 
Souvent, ils se plaignent donc, comme les Roms, d’une exclusion sociale et d’une stigmatisation de leur communauté qui, bien entendu, constitue un « certain groupe social ».
 
La seule exclusion sociale d’une communauté n’est cependant pas en soi un critère d’admission au statut de réfugié En revanche, s’il est notamment victime de violences de la part des autres communautés, de mesures légales, administratives, de police et/ou judiciaires discriminatoires en soi ou mises en œuvre d’une manière discriminatoire ou de poursuites ou sanctions qui sont disproportionnées ou discriminatoires, le Yézide pourrait prétendre à la protection, sous réserve que ces persécutions soient considérées comme « suffisamment graves » par les autorités de l’asile.
 
Pour en savoir plus, voir :
 
- Les Yézidis "adorateurs du diable"
 
- Les Yézides d'Arménie

 
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