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ASILE EN LIVRES

Mauritanie


Données générales
 
Superficie : 1 030 700 km (2 fois la France)

Capitale : Nouakchott

Population : 3, 72 M
 
Espérance de vie : 61 ans
 
Taux d’alphabétisation : 59 %

Religion : l’Islam pratiqué par 99 % de la population et le  Christianisme par 1 %
de la population

Langue officielle : arabe

Langues nationales : arabe, poular, soninké, wolof

Composantes ethniques : 70 % d'arabophones (dont 45 à 50 % d'origine servile) et 30 % de Négro-Mauritaniens (en majorité peuls ou hallpulaar, mais aussi soninké et  oualof).

Economie : 

- PIB : 4,2 Mds USD

- PIB moyen par habitant : 1126 USD

Chef de l’Etat : Mohamed Ould Abdel Aziz (élu le 18 juillet 2009)

Premier ministre : Yahya Ould Hademine


Pourquoi demandent-ils asile ?

La revendication des biens volés aux négro-mauritaniens

La demande reste principalement basée sur les difficultés rencontrées par les membres de la communauté négro-mauritanienne pour faire valoir leurs droits et récupérer les biens volés a la fin des années 1980. Parmi ces demandes, certaines ont émané du meouvement "Touche pas à ma nationalité". Il s'agit de négro-mauritaniens revendiquant leur droit à une citoyennété entère.

L'esclavage

L’esclavage est bien une réalité en Mauritanie. Bien qu'aboli en 1981, l'esclavage en Mauritanie persiste encore aujourd’hui et reste largement impuni. Il semblerait qu’entre 10 % et 20 % de la population soit encore réduite à l’esclavage du fait de la forte pression de la tradition, de la religion et des tribus qui tolèrent cette pratique. Il concerne ceux qu'on appelle les Haratines, descendants des noirs asservis depuis plusieurs génération au service des Maures blancs, qu'on appelle les Bidhans.

Les nombreux cas enregistrés prouvent encore les efforts colossaux qui restent à fournir. Les cas liés à l’esclavage ou au racisme recensés sont nombreux. Les rapports ouverts par les ONG en place font état d’une situation extrêmement complexe et très préoccupante pour la population noire vivant dans le pays.

Les richesses sont inégalement réparties entre d’une part les Hassania (les arabes) qui occupent les postes clefs de la société (pouvoir politique, économie, entreprises), et de l’autre les noirs souvent Wolof, Soninké ou autres qui jouent un second rôle.

Trois formes traditionnelles d’esclavage existent toujours dans ce pays : l’esclavage domestique (l’esclavage attaché à son maître pour sa vie entière sans aucun contact avec sa famille), l’esclavage sexuel (pour les femmes qui travaillent pour un maître dont l’autorité est considérée comme naturelle) et enfin l’esclavage agricole (les travaux les plus durs et les plus rebutants sont assignés à l’esclave).

Il n’y a aucune amélioration de la situation et on déplore l’absence de rigueur du gouvernement mauritanien qui n’a rien fait pour changer les choses.

De nouvelles lois sont déjà votées par le Parlement en vue d’abolir cette pratique, mais les efforts pour les appliquer ne suivent toujours pas car elle est très ancrée dans la coutume et les meours. Entretemps, le phénomène se propage et reste encore une réalité. Les victimes n’osent pas porter plainte par crainte de subir des représailles.

L’initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), une ONG anti-esclavagiste basée en Mauritanie, dénonce des « cas flagrants d’esclavages » et de nombreux activistes qui luttent pour son abolition sont souvent victimes d’emprisonnement. L’exemple de Biram Ould Beid, une des figures de la lutte anti-esclavagiste en Mauritanie, libéré de prison le 3 septembre 2012, Président de l’IRA, a en effet été accusé par les autorités mauritaniennes d’avoir symboliquement brûlé des textes esclavagistes datant du 9e au 15e siècle. Une accusation qui lui avait valu l’emprisonnement.

La torture
 
Amnesty International (AI) appelle les autorités mauritaniennes à donner suite à leur ratification du Protocole facultatif à la Convention contre la torture. AI  aimerait effectuer des visites dans les lieux de détention et adresser des recommandations au gouvernement sur les moyens de prévenir et de faire cesser la torture et autres mauvais traitements, y compris l'amélioration des conditions carcérales. La ratification de ces traités ne doit pas se limiter à une simple signature sur un document mais être suivie de mesures concrètes visant à garantir que les droits humains sont respectés et protégés en pratique.

La torture continue d'être utilisée comme une méthode d'investigation et de répression contre tous types de détenus en Mauritanie, hommes ou femmes, islamistes présumés et personnes arrêtées pour des infractions de droit commun.

La peine de mort est toujours d’actualité en Mauritanie. Bien que la dernière exécution date de 1987, Amnesty International s’inquiète des nombreuses condamnations à mort prononcées ces dernières années par les tribunaux mauritaniens à la suite, le plus souvent, de procès ne respectant pas les normes internationales d’équité.


La religion

La Mauritanie reste un environnement hostile pour les chrétiens. Elle est le 23ème pays où les chrétiens sont le plus persécutés, selon l’Index Mondial de Persécution 2013.

Le groupe extrémiste Al-Qaïda au Maghreb gagne du terrain et surveille les chrétiens, même si des dizaines de jihadistes croupissent en prison.

En 2010, une jeune femme a été battue et brûlée à mort par sa famille. De nombreux chrétiens d’origine musulmane ont reçu des menaces de mort et ont dû fuir.

Le gouvernement interdit la diffusion libre des idées et du message issus de l’Evangile. Tous les citoyens mauritaniens sont considérés comme musulmans et l'apostasie est passible de peine de mort.
 
Situation de l'asile en 2015

La demande mauritanienne se maintient en 2015 et fait référence aux mêmes problématiques que les années précédentes représentée en grande majorité par des demandeurs d'origine négro-mauritanienne, les Maures beïdanes se chiffrant par unités.

Les principales problématiques invoquées sont un engagement politique ou associatif, notamment dans le cadre de mouvements de protestation contre le refus de recensement exercé par les autorités à l'encontre des personnes d'origine africaine.leur déniant par conséquent la nationalité mauritanienne. D'autres mouvements de protestation, via parfois des associations locales, ont pour motovation la confiscation des terres dans les régions riveraines su fleuve Sénégal.

Les demandes liées aux violences faites aux femmes, comme le mariage forcé, les mauvais traitements au sein de la cellule familiale, les craintes de MGF pour les filles et celles qui se réfèrent à la répression de l'homosexualité requièrent une attention particulière.

Le nombre total de demandes (y compris demandes de réexamen et mineurs accompagnants) a été de 1089 en 2015 et le taux d'admission (Ofpra + Cnda) s'est élevé à 14, 1% (toutes demandes confondues).

Jurisprudence
 
On relève une décision accordant le statut de réfugié à un journaliste engagé dans la défense des thèses démocratiques et sociales des forces démocratiques (UFD) ayant fait l’objet de détentions répétées suite à la dénonciation des fraudes aux élections présidentielles en juillet 2009 (asile constitutionnel pour son action en faveur de la liberté) (CNDA, 20 décembre 2011, M.B., n° 11012333 R., Rec. 2011 ; dans le même sens, CNDA 25 février 2011, Mme B. n° 100112782 C+, Rec. 2011).
A également été reconnu réfugié, un requérant négro-africain réduit dès sa naissance en esclavage dans un pays où cette pratique est répandue en dépit de son abolition et de sa pénalisation et qui ne pouvait bénéficier d’une protection effective de la part des autorités ; le comportement de ce requérant, qui a manifesté contre sa situation, a pu être considéré comme transgressif à l’égard des coutumes du fait de son appartenance à un groupe social (CNDA, 9 mars 2011, M.S., n° 09023872 C., Rec. 2011).
De la même manière, un homosexuel mauritanien a pu, du fait de la stigmatisation des homosexuels qui sont victimes de violences dans son pays, accéder, en raison de son appartenance à un groupe social, au statut de réfugié en raison des violences répétées dont il avait lui-même été victime malgré ses plaintes auprès des autorités (CNDA, 1er mars 2011, M. I., n° 09023968 C., Rec. 2011).
A aussi eté reconnu le statut de réfugié à un étudiant mauritanien d'origine peuhle et de confession musulmane persécuté en raison de ses origines ethniques, de son engagement syndical et associatif en faveur des droits des Négro-Mauritaniens, son implication dans la lutte pour l'abotitionisme er sa participation à des manifestations interdites. Il a été détenu plusieurs fois et interrogé avec violence. Le tout avait été corroboré par certaines sources d'information géopolitiques, dont le rapport annuel de la Fédération internationale des droits de l'homme pour l'année 2011. Le requérant pouvait donc craindre avec raison, au sens de la Convention de Genève, d'être persécuté pour des motifs tenant à ses origines ethniques et à ses opinions politiques (CNDA, 16 oct. 2013, M.B. n° 13012058 C).
En 2014, au terme d'une procédure de réexamen, un ressortissant mauritanien a obtenu le statut de réfugié "sur place" en raison de ses activités de membre de l'Organisation contre les violations des droits humains (OCVIDH) dont l'objectif est de lutter contre le racisme, l'esclavage, l'oppression et les discriminations en Mauritanie, qui a milité activement sur le territoire français contre les pratiques disciminatoires, qui a partcipé à de nombreuses manifestations revendicatives, notamment devant l'ambassade de son pays, qui a publiquement dénoncé en France les actions du gouvernement de son pays. Dès lors, il a acquis une visibilité importante qui pousse les autorités de son pays à la regarder comme subversif et comme opposant au regime actuel (CNDA, 12 décembre 2014, M.B. n° 14007634).


Mis à jour le 01/09/2016
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