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Les demandes d'asile de ressortissants congolais ont été, en 2012, mais encore en 2013, en grande partie liées aux élections présidentielles du 28 novembre 2011. La campagne s’est déroulée dans un climat tendu et donnant lieu à de nombreux incidents. L’opposition s’est présentée désunie face au Président J. Kabila. Les scrutins des élections présidentielles et législatives ont été entachés d’irrégularités, mais la Cour Suprême de Justice a déclaré le président sortant vainqueur sur son principal opposant, Etienne Tshisekedi, leader de l’Union Démocratique l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). L’UDPS a contesté cette élection. A la suite de ces élections, les demandes d’asile de membres ou de sympathisants de l’UDPS ont connu un regain à la fin de l’année 2011. Les membres et sympathisants de l’UDPS, même des journalistes qui avaient osé réserver un temps de parole à l’opposition, ont fait, avant ou après les élections, l’objet de tracasseries et de persécutions diverses (harcèlement, intimidations, menaces physiques ou morales, enlèvement, prison et parfois viol) de la part des éléments des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ou de membres de la Garde Républicaine (qui « peuvent tuer en tout impunité »)[1] qui les ont incité à fuir leur pays et demander l’asile en France. Certains avaient simplement dénoncé le « tripatouillage » des résultats des élections.

Le conflit du Kivu (région des grands Lacs), dont l'historique est complexe, est aussi une sérieuse entrave à la reconstruction de la République Démocratique et une menace pour la stabilité de la région. Elle a également généré des demandes d'asile en France.

Dans cette région, le conflit avait opposé jusqu’en 2009 les Forces Armées de la RDC (FARDC) au Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) du Général Laurent Nkunda, principalement composé de tutsis. La RDC et le gouvernement rwandais se sont coalisés pour combattre le CNDP, ainsi que les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), groupe d'exilés rwandais hutus. C’est à cette occasion que L. Nkunda fut arrêté au Rwanda en janvier 2009. Après l’accord de paix du 23 mars 2009, les militaires du CNDP sont intégrés aux FARDC. Fin mars 2012, le général Bosco Ntaganda (surnommé « Terminator »), dissident des FARDC (inculpé en 2006 pour crime de guerre par le Tribunal Pénal International) a mené une mutinerie avec les militaires initialement issus du CNDP et a créé le groupe armé M23 en référence à l'accord du 23 mars 2009 conclu entre le gouvernement congolais et le CNDP qui instaurait un partage de pouvoir dans le Nord Kivu, accord jamais respecté. Ce groupe armé a ensuite violemment combattu les FARDC (un temps soutenues par les milices maï maï) et le FDLR dans le Nord et le Sud-Kivu. Du fait de ce conflit, de nombreux congolais se sont réfugiés dans les pays limitrophes (Rwanda, Ouganda et Burundi). Les combattants du M23 sont arrivés aux portes de Goma en juillet 2012 et s'en sont emparés en novembre de la même année, suscitant ainsi le rejet de la communauté internationale qui accentua sa pression sur le Rwanda, soutien militaire du M23. Après une défaite politique du M23, condamné ouvertement par la société civile, les parlementaires du Nord Kivu, l'opposition congolaise et l'Eglise catholique, Ntaganda, qui est parvenu à faire l'unanimité contre lui, s’est finalement livré à la Cour Pénale Internationale en mars 2013. Malgré la victoire finale de l’armée congolaise, soutenue par la Monusco, sur le groupe M23 (scindé en deux factions, les pro Ntaganda et les pro Makenga depuis lors réfugié en Ouganda) en novembre 2013, la situation reste instable à l’est de la RDC, l’armée congolaise poursuivant son offensive, cette fois contre les rebelles hutus des FDLR.
 
Dans un rapport des Nations Unies de mars 2011, il était déjà relevé « de graves violations des droits de l’homme commises par des groupes armés ainsi que par des éléments des forces de sécurité nationales se sont poursuivies, y compris des exécutions arbitraires, des viols, des arrestations et détentions arbitraires, des actes de torture, des traitements cruels, inhumains et dégradants, et des actes de pillage".

Les dirigeants du M23, pour la plupart réfugiés au Rwanda ou en Ouganda, sont aujourd'hui recherchés par la justice internationale pour crimes de guerre du fait des massacres, des violences, du recrutement et de l’utilisation d’enfants qui se sont produits dans la région des Grands Lacs durant ces dernières années.

Le nombre total de premières demandes des ressortissants du Congo RDC a baissé de 1,1 % en 2013. Ce tassement est l'effet de l'éloignement des élections générales de novembre 2011, bien que le contexte politique intérieur reste à la fois confus et tendu assorti de cette particularité constante que les demandeurs d'asile originaires de la RDC proviennent presque tous des régions de l'Ouest, essentiellement de Kinshasa ou de la province de l'Equateur, alors que l'essentiel des conflits et persécutions se déroule depuis une vingtaine d'années dans l'Est du pays (Nord et Sud Kivu, Province Orientale et, depuis peu, celle du Katanga). Les congolais RDC représentent toutefois toujours la première population à demander l’asile en France. Le taux global d’admission (Ofpra + CNDA) a été de 16 % pour la même année alors que la moyenne nationale se situe à 24,5 %.
 
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