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A PROPOS D’ESPOIR D’ASILE DOSSIERS THÉMATIQUES Le parcours géographique du demandeur d'asile
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ASILE EN LIVRES
Soudan
(République du Soudan)
Soudan du Nord
 
 
Données générales
 
Superficie : 2.5 millions km² (4 fois la France)
 
Capitale : Khartoum
 
Population : 34, 8 millions (après partition avec le Soudan Sud)
 
Espérance de vie : 63 ans

Taux d’alphabétisation : 72 %.

Religions : Islam (96,7 %), Christianisme (3 %), religions traditionnelles.
 
Langue officielle : arabe

Langue (s) courante (s) : arabe, anglais, langues locales (plus de 100 langues et dialectes, dont 27 sont parlées par plus de 100 000 personnes).

Economie : Principaux secteurs d’activités dans le PIB (2012) :
  • agriculture : 27,4 %
  • industrie : 33,6 %
  • services : 39 %
PIB : 90 Mds USD
 
PIB moyen par habitant : 2600 USD
 
Dirigeant : Omar El Béchir (Gouvernement d’union nationale)
 
 
Pourquoi demandent-ils asile ?
 
La majorité des demandeurs soudanais proviennent de la zone du Darfour et se plaignent le plus souvent d’arrestations et de mauvais traitements par les milices gouvernementales, principalement les milices Janjawids, en raison notamment de leur soutien, réel ou supposé, à la rébellion dans le Darfour, essentiellement aux côtés du Mouvement pour la Justice et l’Egalite (MJE) ou l’Armée de Libération du Soudan (SLA).

Les Janjawids sont des milices levées dans les tribus noires arabisées du Tchad et du Darfour (région du Sahel). L’Etat soudanais les a intégrées à sa politique régionale de contrôle territorial et en a fait sa principale force de répression pour conserver le Darfour qui a des ressources pétrolifères. Les milices Jenjawids, alliées aux forces gouvernementales, pratiquent la politique de la terre brûlée dans le Darfour en y commettant les pires exactions (villages rasés, massacres, viols, pillages, spoliations de terres, vol de bétails etc.) forçant les populations à partir et se réfugier majoritairement au Tchad. Plusieurs dirigeants soudanais (dont Omar El Béchir lui-même) ou des chefs des milices Janjawid sont sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour.

Le 14 juillet 2011, le gouvernement soudanais signe avec le MJE un accord, le Document de Doha pour la Paix au Darfour (DDPD) sous l’égide de la médiation conjointe ONU/UA menée par Djibril Bassolé et le Qatar. Une branche dissidente du MJE, conduite par Mohammed Bashr, rejoint l’accord de paix le 6 avril 2013, mais Mohammed Bashr est tué dans une attaque par un autre mouvement rebelle le 12 mai 2013.

Après une certaine accalmie en 2009, la situation sécuritaire et humanitaire se détériore à nouveau : reprise des combats entre l’armée soudanaise et les rebelles, multiplication des attaques contre la MINUAD, multiplication des affrontements intercommunautaires. Le gouvernement poursuit ses campagnes de bombardements aériens sur les zones tenues par la rébellion. Ces affrontements provoquent le déplacement de plus de 450 000 personnes pour la seule année 2013, tandis que le Tchad accueille désormais 350 000 réfugiés darfouriens.

En 2013, les efforts de médiation avec les mouvements rebelles non signataires de l’accord de Doha se sont poursuivis sous la houlette du chef de la MINUAD et médiateur conjoint ONU/UA, Ibn Chambas.

Il reste que les milices arabes se multiplient au Darfour et que le gouvernement central de Khartoum ne parvient plus à les maîtriser alors qu'elle les entretenait financièrement et les armait parfois. Depuis la crise économique qui a suivi la partition du Soudan, Khartoum n'a, en effet, plus les moyens de rétribuer ses milices qui, pour certaines, se paient désormais sur la bête provoquant ainsi une recrudescence des violences dans le Darfour. Ainsi, au premier trimestre 2014, plus de 40.000 personnes ont fui les exactions des bandes armées dans le sud du Darfour, près de la capitale Nyala, où près de trente villages ont été détruits par le feu, la plupart pillés.

Les conséquences du conflit du Darfour continuent donc d'alimenter l'essentiel des demandes. La majorité des demandeurs déclare provenir de la zone de conflit, même si de nombreuses pesonnes résidant dans l'agglomération de Khartoum, commerçants ou étudiants, se déclarent victimes de répression de la part des autorités qui les soupçonnent de soutenir la rébellion.

Situation de l'asile en 2016
 
Après une augmentation sensible en 2015 (+ 180 %), la demande soudanaise, qui représente toujours, le premier flux des demandes déposées en France s'est poursuivie en 2016(+ 15,8%). Le taux global d'admission (Ofpra + CNda) s'est situé à 54 %.

La demande soudanaise s'exprime dans sa grande majorité par des personnes d'origine africaine du Darfour qui fondent leur demande de protection sur leur origine ethnique. Peu de personnes invoquent un engagement personnel au sein de mouvements rebelles, mais font état de l'imputation de soutien à la rébellion armée par les autorités. Dans le cadre de l'instabilité croissante du pays et de la multiplication des conflits régionaux au Soudan, les demandes émanant du Kordofan, notamment des populations africaines Nuba et du Nil Bleu sont en nette augmentation.
Dans le cadre d'une situation économique désastreuse et d'un raidissement du pouvoir face à la contestation, des demandeurs font état d'accusation de participation à des mouvements étudiants ou de protestation contre la vie chère. Un engagement politique direct est assez peu fréquemment invoqué. Des demandeurs font état d'imputation d'opposition au pouvoir ou de trahison pour avoir tenté de séjourner en Israël et avoir été obligés de retourner au Soudan. Quelques demandes émanant de Coptes existent. Cette demande soudanaise s'est largement manifestée auprès de personnes présentes à Calais ou dans les campements parisiens.
 
Mise à jour 25/07/2017
 
 
 
                 
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