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L’entretien Ofpra, moment particulièrement éprouvant pour un demandeur d’asile, est ressenti par lui comme un véritable interrogatoire par un Officier de protection dont l’obsession est avant tout de savoir s’il n’est pas qu’un « vulgaire » migrant économique.

Lors d’un récent entretien, le nouveau directeur général de l’Ofpra a évoqué l’idée de la présence d’un tiers lors de l’entretien avec l’Officier de protection.

La directive « Procédures » de 2005 autorisait les Etats à introduire la présence d’un tiers lors de cet entretien comme le pratiquent déjà certains pays comme l’Allemagne. La nouvelle directive en cours de négociation pourrait l’imposer aux Etats membres. L’enregistrement des entretiens est même envisagé.

L’entretien Ofpra peut être déroutant, voire éprouvant, pour le demandeur d’asile. Dans son face à face avec l’Officier de protection, le demandeur, souvent intimidé, peut hésiter, tenir des propos incohérents, voire contradictoires, ne pas comprendre les questions posées ou craindre de donner certaines informations sans pour autant être un menteur ou un fraudeur.

Pour mettre le demandeur d’asile en confiance et veiller au bon déroulé de l’entretien, un tiers « bienveillant » (avocat, association ou travailleur social) devrait pouvoir y assister. Ceci serait d’autant plus légitime que c’est le seul cas où une administration française ne permet pas la présence d’un tiers aux côtés d’un « administré ».

Il s’agirait de diminuer l’anxiété du demandeur, d’apporter un soutien moral au demandeur et de permettre de veiller au bon déroulement de l’entretien. Ce serait là une évolution positive à la fois pour la garantie des droits des demandeurs et pour la crédibilité des décisions de l’office, tout comme le serait l’enregistrement des entretiens.

La question qui se pose est toutefois celle de savoir si cette présence doit être « active » ou « taiseuse » comme l’ont suggéré les sénateurs Frassa-Lecomte dans leur rapport au Sénat de décembre 2012.

Si le travail de l’officier de protection ne doit pas être déstabilisé par les interventions du tiers et que celui-ci devrait se voir interdire d’interrompre l’échange entre l’officier de protection et le demandeur, il devrait se voir autorisé à ajouter des observations éventuelles une fois l’échange épuisé sur chacune des questions posées par l’officier de protection ou, du moins, à l’issue de l’entretien, et ses observations dûment consignées en annexe du compte-rendu.

Il reste que cette disposition est susceptible de créer un déséquilibre entre demandeurs. En effet, les demandeurs ne pourront, en pratique, être assistés d’un avocat lors de ces entretiens que dans les rares cas où ils ont les moyens de le rémunérer, leur assistance ne relevant pas de l’aide juridictionnelle. Quant aux associations, seules les associations puissantes et/ou implantées en région parisienne pourront, en pratique, assister le demandeur lors des entretiens Ofpra.
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