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Sujets - EDA

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Nous l'appellerons Julia. Julia a toujours voulu être journaliste. Une vocation pour elle. A 18 ans, elle entame ses études de journaliste, puis elle obtient une licence de journalisme. Ce qui intéresse Julia c'est l'information bien sûr et surtout la télé. Elle a dès le début été très à cheval sur la déontologie du journaliste et les questions de démocratie. Elle a travaillé successivement pour plusieurs chaînes.

En 2010, Julia reçoit trois personnalités politiques sur son plateau dont deux opposants au gouvernement. Au cours de l'émission, l'un d'eux peu connu met en cause le pouvoir, l'accuse du meurtre récent d'un militant des droits de l'homme et précise qu'il a des preuves.

Le lendemain, Julia se rend au travail ne se doutant pas le moins du monde de ce qu'il allait arriver. La journée commence par une conférence de rédaction. Tout est normal. Mais le jour suivant, la police (IPK) débarque. Ils rouent d'abord de coups de Julia pour avoir invité des opposants. Les coups pleuvent, ils lui tirent les cheveux tellement fort qu'ils ne repoussent plus depuis sur plusieurs centimètres au dessus de son front. Julia est ensuite conduite dans une jeep jusqu'à l'inspection provinciale de Kinshasa. Sur place, les policiers demandent à Julia les coordonnées de l'invité recherché. Elle refuse tout net car, en tant que journaliste, elle a à cÅ“ur de protéger ses sources. Elle est interrogée et reçoit des coups de poings violents sur tout le corps, puis est envoyée au cachot. Elle est violée à plusieurs reprises par plusieurs hommes. Elle est depuis porteuse de l'hépatite C à un stade avancé. Elle demande de voir un médecin mais c'est en vain. La douleur physique et morale est insupportable. Elle s'affaiblit, saigne abondamment. Après, elle est transférée à Makala, la prison de Kinshasa. Elle est accusée par le procureur de porter atteinte à la dignité du gouvernement. Le procureur ajoute qu'elle allait « moisir en prison ». L'état de santé de Julia devient très inquiétant. Ses douleurs et ses saignements sont de plus en plus insupportables. Elle est transférée à l'hôpital et tombe dans le coma. Puis, par chance, elle y rencontre une infirmière qui connait son oncle qui organise discrètement son évasion. Fin 2010, elle s'enfuit de l'hôpital avec l'aide de son oncle qui soudoie les gardiens et du personnel médical pour traverser en pirogue le fleuve Congo et rejoindre Brazzaville. Craignant pour sa vie, elle est cachée quelques jours par un ami dans un village, puis emprunte un passeport pour embarquer dans un avion à destination de Paris CDG. Elle y est aidée par un passeur que connait cet ami.

Arrivée à Roissy Charles de Gaulle, elle est perdue bien que parlant le français. Elle croise un Gabonais qui habite en province. Il l'emmène avec elle, la conduit à la préfecture et lui donne 10 euros, puis s'en va. Pendant deux jours, elle dort à la gare, puis fait une demande d'admission au séjour afin de pouvoir faire sa demande d'asile. Elle est aidée dans ses démarches par une association pour laquelle elle travaillera ensuite bénévolement. Elle y travaille d'ailleurs toujours avant de trouver un emploi.

Dans un premier temps, l'OFPRA rejette sa demande que le récit de sa garde à vue, sa détention, puis son évasion n'était pas circonstancié et était peu personnalisé. L'Office conclut que la réalité des faits et le bien fondé de ses craintes n'étaient pas établis. Pendant l'entretien, l'Officier de protection n'a pourtant pas laissé le temps à Julia de préciser certains points importants estimant que cela n'était pas nécessaire.

Julia forme ensuite un recours devant la CNDA. Elle y est entendue longuement assistée d'un avocat. Lors de l'audience, elle donne aux juges tous les détails de nature à rendre son récit parfaitement crédible et vraisemblable, mais son recours est rejeté par la CNDA au motif que ses déclarations étaient confuses et peu convaincantes.

Julia est ensuite aidée à effectuer des démarches auprès de la préfecture afin d'obtenir une carte de séjour temporaire pour raisons humanitaires. La préfecture vient finalement de la lui accorder.

Julia quittera le CADA en avril prochain. Elle doit maintenant trouver un logement et un emploi.

C'est une nouvelle vie qui commence pour elle.

Nous lui souhaitons bonne chance.

PS : Tout élément susceptible d'identifier Julia a été supprimé ou modifié.

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